: , 28 2007, 14:15:53 : Áåñïîðÿäêè íà Gare du Nord
"Au début, il y avait un motif de colère. Après, c'était n'importe quoi"
LE MONDE | 28.03.07 | 11h04
Les incidents n'étaient pas encore terminés gare du Nord qu'Anthony C., 20 ans, publiait sur Dailymotion – un site Internet de partage de vidéos – les premières images des émeutes, de qualité médiocre, filmées avec son téléphone portable.
Le jeune homme, titulaire d'un BTS commercial, habitant Cergy, était venu chercher sa copine à la gare. Vers 16 heures, dans l'espace d'interconnexion RER-métros-gare, il a entendu des cris et vu un mouvement de foule : un homme était violemment frappé par des policiers. "Il était à terre. Les gens se sont regroupés et ont commencé à protester. Les policiers sont arrivés de plus en plus nombreux." Anthony se trouvait sur une passerelle, un étage au-dessus. Il a commencé à filmer les événements.
Rapidement, en quelques minutes, la foule a grossi. "Certains ont commencé à crier : Libérez-le ! Libérez-le ! " Des premiers échanges de coups ont eu lieu, rapidement réprimés par des "charges" de la police et l'usage de gaz lacrymogènes. "Tout le monde était révolté. Les gens disaient que le jeune avait fait une erreur mais qu'on ne pouvait pas le traiter comme ça."
emeute gare du nord
envoyé par albatar95c
Vers 19 heures, les incidents ont repris. "C'était différent. C'était l'anarchie. Il y en a qui ont commencé à casser partout." Les policiers ont de nouveau fait usage de gaz lacrymogènes. Les violences ont débordé. "Ils se sont mis à crier : Foot Locker ! Foot Locker ! [un magasin de chaussures de sport dans l'espace commercial de la gare] puis ils ont cassé la vitre. Certains sont entrés dans le magasin et ont volé tout ce qu'ils pouvaient." Le jeune homme a également vu un magasin de sacs à main vandalisé. Des émeutiers ont récupéré des barres de fer dans la gare.
Des lampes ont été brisées, des pots de fleurs jetés d'un étage vers les policiers en contrebas. "Ça criait : Nique Sarkozy! Sarkozy, enculé! Police partout, justice nulle part!" L'arrivée des caméras de télévision et des photographes a encore tendu l'atmosphère. "Ça n'avait plus rien à voir avec le début, raconte Anthony. C'était des casseurs qui voulaient se faire remarquer. J'en ai entendu qui criaient Nique la France ! pour passer à la télé."
Lui a continué à filmer, comme des dizaines de témoins, jusqu'à ce que sa batterie rende l'âme. "J'ai voulu montrer ce qui se passait. Je voulais qu'il n'y ait pas d'amalgame : au début, il y avait un motif de colère pour tous ceux qui étaient là, des jeunes mais aussi des papas, des mamans. Après, c'est devenu n'importe quoi." Un peu avant 22 heures, Anthony C. a pris le RER pour rentrer chez lui. Juste après minuit, ses premières vidéos étaient en ligne sur Internet.
Luc Bronner _________________ A la guerre comme a la guerre èëè âòîðàÿ ðåäàêöèÿ Çàáóãîðíîâà
La gare du Nord a été le théâtre, mardi 27mars, à Paris, de violents affrontements entre la police et de jeunes passagers. Treize personnes, dont cinq mineurs, ont été interpellées dans ce lieu très fréquenté du réseau des transports en commun. Les heurts se sont produits dans la partie souterraine de la gare, là où les Franciliens transitent du réseau SNCF à celui de la RATP.
"La personne à l'origine de ce contrôle qui a provoqué ces actes de violence inacceptables est un récidiviste défavorablement connu des services de la police, et de surcroît entré illégalement sur le territoire", a souligné François Baroin, le ministre de l'intérieur, à la sortie du conseil des ministres, mercredi. – (Avec AFP.)
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Leur origine a été le contrôle d'un passager par deux agents de la RATP, vers 16h15. L'homme, âgé de 32 ans, n'avait pas de titre de transport. De nationalité congolaise, domicilié à Sevran (Seine-Saint-Denis), il se trouvait en situation irrégulière et faisait l'objet d'un arrêté de reconduite à la frontière, selon la préfecture de police. Il avait déjà été mis en cause dans 22 dossiers, dont la plupart pour violences volontaires.
L'homme s'est rebellé contre les agents, tentant d'asséner un coup de tête, indique-t-on de source policière. Ceux-ci l'ont plaqué au sol et sont parvenus à le remettre aux gendarmes, patrouillant dans la gare au titre du plan Vigipirate. Le Congolais a été conduit de force vers un local de la RATP, sous les protestations de passagers témoins de l'interpellation mouvementée. Plus tard, il a été placé en garde à vue dans le commissariat du 10e arrondissement.
"POLICE PARTOUT, JUSTICE NULLE PART"
Tandis que des centaines de voyageurs, en transit dans la gare, observaient la scène, quelques dizaines de personnes ont afflué vers le local, afin de protester contre les conditions de l'interpellation. Il s'agissait notamment de jeunes qui ont l'habitude de traîner devant les boutiques et les escaliers dans le hall géant. Entre eux, la rumeur a enflé : il y a eu des violences. Une information fausse circule : un adolescent de 13 ans aurait eu le bras cassé par les policiers.
La tension est rapidement montée. Les invectives et les projectiles ont commencé à fuser, tandis que des renforts étaient appelés par radio au centre de commandement de la police urbaine de proximité. Des agents de la police des transports et des CRS sont arrivés en premier.
Face à eux, les émeutiers – un "rassemblement hostile de 200 à 300 personnes", selon la préfecture – criaient "police partout, justice nulle part" ou encore "Sarko, on aura ta peau", à l'adresse du désormais ancien ministre de l'intérieur. "Les jeunes s'en sont pris aux forces de l'ordre par défi ou par jeu, explique le préfet de police, Pierre Mutz. L'action de la police était compliquée par le fait qu'ils se déplaçaient sur plusieurs étages, ce qui explique la durée de l'intervention." Les jeunes, qui agissaient le plus souvent à visage découvert, ont brisé des vitrines de magasins, dévalisant peu après 20 heures le magasin de sports Foot Locker. Ils ont aussi tenté d'incendier, sans réussite, des poubelles et un poste d'accueil de la RATP. Des caméras de vidéosurveillance ont été arrachées au plafond et un photomaton jeté à terre. Le mobilier de la gare a été utilisé pour saccager les vitres et le Plexiglas.
Les policiers ont fait usage à plusieurs reprises de gaz lacrymogène, qui s'est répandu dans la gare. Les premières charges des policiers ont commencé vers 21h30 afin de disperser les émeutiers et les évacuer vers l'extérieur de la gare, sur un terrain plus favorable aux forces de l'ordre que le dédale souterrain ; elles se sont poursuivies jusqu'à 23h30. "S'il n'y avait pas eu de caméras et de journalistes, les choses se seraient calmées plus vite", explique Pierre Mutz.
Par mesure de sécurité, la RATP a ordonné pendant quelques heures la fermeture de l'arrêt pour les lignes 4 et 5, ainsi que les lignes D et E du RER. "En raison d'un incident gare du Nord…", prévenait-on les passagers, de façon elliptique.
Gabriel Bourovitch et Piotr Smolar _________________ A la guerre comme a la guerre èëè âòîðàÿ ðåäàêöèÿ Çàáóãîðíîâà
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: 13.03.2007 : 10
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Tandis que des centaines de voyageurs, en transit dans la gare, observaient la scène, quelques dizaines de personnes ont afflué vers le local, afin de protester contre les conditions de l'interpellation. Il s'agissait notamment de jeunes qui ont l'habitude de traîner devant les boutiques et les escaliers dans le hall géant. Entre eux, la rumeur a enflé : il y a eu des violences. Une information fausse circule : un adolescent de 13 ans aurait eu le bras cassé par les policiers.