Zabougornov Добрый Администратор (иногда)

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Добавлено: Среда, 6 Декабрь 2006, 12:18:57 Заголовок сообщения: Boulogne Boys |
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PSG : le pouvoir des supporteurs
LE MONDE | 05.12.06 | 15h06
Dimanche 3 décembre, à l'initiative des Boulogne Boys, l'association de supporteurs basée dans la tribune Boulogne du PSG, une marche d'hommage silencieuse a été organisée en mémoire de Julien Quemener, mort le 23 novembre. Les processionnaires ont terminé agenouillés sur le bitume, près de l'endroit où leur copain a reçu la balle mortelle tirée par un policier, qui tentait de protéger un supporteur supposé du club de Tel-Aviv, lors d'une soirée ordinaire de Coupe d'Europe. Ils ont communié ensemble dans la peine, pour une fois sans excitation ni fébrilité. "Le Parc, ce ne sera plus jamais pareil", a soufflé l'un d'eux.
Pareil à quoi ? Aux heures récentes d'une violence devenue banale, ou à des temps plus anciens et bon enfant ? Le Parc des Princes, se rappellent d'anciens supporteurs, a connu des jours plus paisibles. Depuis, tout a basculé, jusqu'à ce drame que tous considéraient comme "inévitable". Créé en 1970, le PSG a longtemps couru après les spectateurs. Les abonnements étaient alors primordiaux pour le budget du club. Les supporteurs étaient des partenaires, ils sont naturellement devenus un pouvoir. A la fin des années 1980, les Boulogne Boys étaient parmi les plus fidèles. Quelques débordements çà et là bien sûr, mais rien de grave. Un ancien supporteur, aujourd'hui âgé de 40 ans - qui comme la plupart d'entre eux préfère conserver l'anonymat -, se rappelle le talent de médiateur de Francis Borelli, président entre 1978 et 1991. Ainsi, en 1986, lorsque le PSG, pourtant champion en titre, prenait le chemin de la deuxième division, "on gueulait "Borelli à Boulogne ! Remboursez !" et il venait nous voir en tribune avec son baise-en-ville. Il nous recevait et nous écoutait sur les questions sportives. Je me souviens qu'aux supporteurs majeurs, il avait distribué des invitations pour une dégustation de beaujolais dans sa cave. Il était courageux et consensuel."
Déjà, pourtant, traînait dans cette tribune une "bande d'environ 150 nazillons", se souvient ce supporteur. "Ils ont un fonctionnement très basique. Ils viennent pour se battre. Ils s'en prennent dans l'ordre au supporteur adverse, au Noir, à l'Arabe, au juif avant de finir par cogner un gars qui se trouve dans la même tribune qu'eux. Moi, j'ai arrêté d'être supporteur après avoir pris un coup de rangers dans le ventre." Pourtant, cette frange violente est tolérée par les associations officielles, auxquelles ils n'appartiennent pas, d'où leur nom d'"indépendants". "Ces gens font peur aux flics, aux dirigeants, et font pression sur les journalistes, explique un ancien dirigeant. Ils installent un énorme contre-pouvoir." "Notre passivité nous rendait complices de ces types, estime, avec le recul, notre premier témoin. Nous avons toujours eu ce rapport hypocrite avec eux, parce qu'ils font peur et que c'était sécurisant de les avoir comme paravent entre soi et les supporteurs d'une équipe adverse. Quant aux cris de singe destinés aux joueurs noirs, il est grand temps de s'apercevoir qu'ils existent. Ils ont cours au Parc depuis plus de vingt ans, mais je n'ai jamais vu un joueur retirer son maillot et quitter le terrain en signe de protestation, ni un speaker demander que ça cesse."
Les violences et les actes racistes se sont multipliés au fil des années. Si les punks et les skinheads, présents dès 1978 dans le virage Boulogne du Parc des Princes, sont facilement identifiables, un groupe qui émerge à la fin des années 1980 l'est beaucoup moins : c'est le mouvement "casual" - décontracté, en anglais -, qui puise ses inspirations dans le hooliganisme à l'anglaise, que le drame du Heysel a rendu célèbre en 1985.
Ce groupe, qui n'est pas du goût de tous les Boulogne Boys, va changer la géopolitique du Parc des Princes. En 1991, la tribune Auteuil émerge. Dans cet espace originellement réservé aux supporteurs des clubs visiteurs s'installe un vrai patchwork : d'anciens Boys revenus de l'atmosphère violente qui règne côté Boulogne, des supporteurs antillais, portugais ou maghrébins ne pouvant fréquenter l'autre tribune.
Cette initiative arrange Canal+. Propriétaire du PSG depuis 1991, la chaîne cryptée voit d'un bon oeil la création d'un nouveau foyer de supporteurs pour contrer les chants nazis et les drapeaux tricolores. "L'identité multiple de la région parisienne s'est affirmée dans la tribune Auteuil, mais elle ne s'est pas tout de suite mise en opposition avec la tribune Boulogne", note un ancien de la tribune Auteuil, qui a, lui aussi, raccroché en 2005, "dégoûté par ce qui se passe au stade et par la puissance occulte des indépendants".
En 1998, Auteuil prend le pas sur Boulogne, en chantant plus fort, en assurant davantage le spectacle et en mettant l'accent sur les déplacements à l'extérieur. La tension monte petit à petit entre les deux tribunes. Question de suprématie.
Michel Denisot, président du PSG entre 1991 et 1998, tente, avec son responsable de la sécurité, Jean-François Domergue, une sorte de "politique des grands frères" en faisant recruter des stadiers dans la tribune Auteuil. "C'était une méthode, mais pas la bonne, car ces gens-là n'avaient ni l'autorité ni l'expérience, et ils ont été débordés", se souvient Jean-Pierre Larrue, ancien - et éphémère - directeur de la sécurité du PSG.
Les tensions persistent et les incidents se multiplient. Arrivé à la présidence du club en juin 2003 - il sera limogé en 2005 -, Francis Graille découvre les différentes catégories de supporteurs : du fan sincère au manipulateur en passant par l'influençable, et de curieuses traditions. Un chef des "indépendants" lui propose, par exemple, de gérer l'organisation des déplacements, lors des matches à l'extérieur, contre 20 000 euros. Il refuse.
Les supporteurs du PSG, pourtant, ne cessent de faire parler d'eux, au Parc comme en déplacement. En juin 2004, ils s'acharnent sur la voiture de Frédéric Thiriez, président de la Ligue de football professionnel (LFP). Sommé de remettre de l'ordre dans la maison par les pouvoirs publics et de pourvoir le poste de chef de la sécurité, vacant depuis décembre 2003, M. Graille recrute alors Jean-Pierre Larrue, en août 2004. Ancien commissaire de police dans différents arrondissements de Paris, celui-ci termine alors sa carrière à Bordeaux.
Au pot d'accueil que M. Larrue organise pour rencontrer les associations de supporteurs, on lui dit : "T'assieds pas, on n'aime pas les flics. Tu viens de province, tu comprends rien." Il tente des rencontres individuelles. "Mais la structure des associations est mouvante, les leaders ne maîtrisent rien", explique M. Larrue. Il constate qu'avec une frange de 300 supporteurs, toute tentative de dialogue est stérile. "D'entrée, ils m'ont dit que le Parc des Princes, c'était chez eux, et qu'ils n'accepteraient aucun système."
MM. Larrue et Graille prônent alors la résiliation des abonnements pour les contrevenants. "Avant de le faire, je me rapprochais du parquet pour m'assurer que les infractions étaient constituées, explique M. Larrue. Les condamnés interdits de stade venaient quand même, avec des billets individuels."
Du coup, le tandem s'attache à établir la traçabilité des billets en exigeant la présentation d'une pièce d'identité à l'achat. "Là, on s'est fait traiter de fachos, alors que ça se fait quand on embarque dans un avion." Le projet est enterré. "Dans tous les clubs français, les supporteurs sont allés voir les présidents de club, inquiets que les mesures ne se généralisent. Ils ne voulaient pas payer pour les Parisiens, poursuit M. Larrue. Du coup, les présidents en ont appelé à M. Thiriez, qui a fait machine arrière. Les pouvoirs publics en ont pris acte." Dimanche 3 décembre, quelques jours après la mort de Julien Quemener, Alain Cayzac, actuel président du PSG, a décrété la même mesure.
Les supporteurs ont eu la tête de M. Graille et celle de M. Larrue, qui quittent respectivement le club au printemps puis à l'été 2005. Concernant Canal+, M. Larrue ne mâche pas ses mots : "La chaîne ne s'est jamais intéressée au problème de la sécurité, et je n'ai jamais vu personne à ce sujet." Pour lui, les décisions de fermer une partie de la tribune Boulogne et de reporter le match du 3 décembre sont salutaires, mais elles restent "empiriques". "C'est bien d'empêcher 2 000 des 6 000 personnes de la tribune d'y pénétrer, mais il faudra peut-être ensuite fermer tout Boulogne, puis Auteuil, dit-il. Car il y a aussi des voyous interdits de stade côté Auteuil." Il met en garde contre le "pouvoir de nuisance" des supporteurs.
"Face aux mesures autoritaires, les supporteurs oublient leurs différences pour se fédérer, dit-il. Les supporteurs les plus durs ne vivent que pour le foot, ils paient cher leur abonnement et les déplacements pour suivre leur équipe. Ils ne discutent que de ça, communiquent par tous les moyens modernes, et, pour les plus intelligents, ils passent leur temps à imaginer des moyens pour déjouer les stratagèmes mis en place par les pouvoirs publics. Les supporteurs parisiens sont déjà allés chercher du soutien pour leur rébellion chez les Marseillais, avec qui ils se battent pourtant comme des chiffonniers."
Un fonctionnement que l'ancien membre de la tribune Auteuil confirme, un peu gêné : "Graille est le président qui a pris conscience du problème que représentent les "indépendants", Larrue avait la stature indispensable pour s'y attaquer, mais à ce moment-là on ne l'a pas respecté." Pourquoi ? "Il s'est attaqué à la question des fumigènes, le sujet qui fâche les associations. Les fumigènes, c'est beau, mais c'est vrai que c'est dangereux." _________________ A la guerre comme a la guerre или вторая редакция Забугорнова |
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